mercredi 10 septembre 2014

Quelques vers retrouvés ce soir...


 
UN MONDE IMPROBABLE (Jean-François Salmon)
 
On voyait des aveugles en marche vers l’abîme
Prisonniers d’un destin au sort inéluctable
Cherchant à s’échapper des mondes anonymes
Par la fenêtre ouverte sur un monde improbable

Ils s’étaient enivrés jusqu’à la déraison
D’amour désespérant qui ne jamais s’éteint
Avançant sur le fil tendu de l’horizon
D’un pas désordonné de sinistre pantin

La mort leur accordait au bord des précipices
La tendresse des anges et quelques libertés
Pour adoucir le goût de la lie du calice
Et leurs cris déchirants face à l’éternité

lundi 1 septembre 2014

 

Après le long silence de l'été....

Il ne restait d’hier que des braises mouillées
Et le chapeau de paille sur le rebord du banc
Une nappe froissée, quelques fleurs oubliées.
Il pleuvait sur le fleuve la douleur des amants
 
Et puis, nous étions là, comme chaque année pour les "Rendez-vous" avec les amis de l'Association " Ile de Ville", le public joyeux, chaleureux, les amis musiciens, chanteurs, techniciens.
La scène off de notre péniche Lola faisait briller des étoiles dans nos yeux
 

Puis la douceur de septembre qui s'annonce va nous ramener sur les bords de la Loire

lundi 16 juin 2014

L'ETE ARRIVE


Bonjour à ceux qui s’intéressent aux petites nouvelles d’Hélène et Jean-François.
 

Tout d’abord un rappel du prochain concert le mercredi soir 2 juillet au restaurant B2m, rue Fouré à Nantes. Pour en savoir plus, suivez ce lien : 

A part ça, voici un extrait d’un livre que nous vous recommandons s’il n’est pas épuisé. Cet extrait nous replonge dans nos réflexions après 19 années de « Descentes de Loire en Chanson » entre 1992 et 2010.

Parfois et encore aujourd’hui, on nous demande pourquoi nous avons mis un terme à ce beau projet après 19 éditions. Nous répondons toujours qu’il y a des raisons multiples et diverses mais que chacune d’entre elles aurait été suffisante pour nous conduire à cette décision en 2010. Et ce n’est pas sans une douce malice que nous reproduisons ce court passage du livre de Jean Dufour qui a été pendant de nombreuses années l’agent et ami, entre autre, de Félix Leclerc et ce jusqu’au décès de ce dernier le 8 août 1988. 

Extrait de « Félix Leclerc – D’une étoile à l’autre » de Jean Dufour. Christian Pirot éditeur – 1998.

 « …. En préparant l’ultime traversée de la guitare, je constate la transformation qui s’opère dans les métiers du spectacle. Le circuit « parallèle » que nous avons ouvert s’effiloche faute de moyens. La décentralisation donne des pouvoirs inattendus et considérables aux édiles locaux soucieux de promouvoir des opérations de prestige au détriment d’un militantisme qui constituait le tissu le plus tonique de la vie sociale.
Insensiblement, des roitelets prennent conscience de la vitrine que représente la culture et il faut établir de nouveaux contacts avec des adjoints qui remplacent progressivement les directeurs de théâtre et ceux des centres culturels. Le pouvoir grignote ainsi la compétence, mais ce n’est qu’un commencement… » 

Dans cet esprit et le ton du propos, voir les ouvrages suivants de Jacques Bertin :
« Chante toujours, tu m'intéresses » (ou les combines du show-biz) 1981. Editions Le Seuil
(Collection Intervention)
« Reviens, Draïssi ! » Ecrits sur la chanson  2006 Editions Le Condottiere
 
 
 

 
C'était ça les Descentes de Loire en chanson
 

lundi 19 mai 2014


A PROPOS, OU PEUT-ON VOUS ECOUTER, HELENE ET JEAN-FRANÇOIS ?
 
 
ILE D’HOUAT
Ceux qui n’étaient pas sur l’île d’Houat entre les 14 et 18 mai ont raté de magnifiques journées de soleil et des concerts improvisés au gré des humeurs printanières. Un salut chaleureux à ceux qui étaient rassemblés samedi soir au Fort dans une belle ambiance familiale et pour qui nous avons eu le plaisir de chanter.
 
 
31 MAI - LE CABANIER
Ceux qui comptent rester sur le continent encore quelques semaines avant les ruées de l’été pourront nous retrouver avec nos chansons et notre accordéoniste préféré : Etienne Boisdron pour une grande, belle et dernière soirée au Cabaret – Théâtre « Le Cabanier » à Nantes le 31 mai.
En effet, Daphné et Anthony ont décidé de fermer définitivement ce petit paradis pour voguer vers d’autres cieux. Rien de triste dans tout ça mais la perspective d’une tendre soirée en chanson et musique. Le programme est annoncé comme suit :
Concert : 18 h
Repas
Bal
Tarif : gratuit
Pour plus de renseignements : lecabanier.free.fr
 
 
2 JUILLET – RESTAURANT LE BE2M
Ceux qui souhaitent entendre les chansons de notre dernier cd : « A Nantes » accompagnées par Frédérique Renaudin au piano peuvent réserver dans ce joli restaurant de la rue Fouré pour un repas concert.
Tel : 09 80 77 61 72
 
29 – 30 – 31 AOUT A NANTES : LES RENDEZ-VOUS DE L’ERDRE 
Toujours fidèles à la scène off de leur péniche « Lola » Hélène et Jean-François donneront 2 concerts  au cours de ces 3 jours de festival
 

A bientôt
 
 



 

jeudi 30 janvier 2014



A PLUSIEURS TITRES…
 

Si le printemps ne fait pas l’hirondelle mais peut aider à la faire venir, le titre ne fait pas le livre mais peut aider à en écrire les premières lignes. Après, dans les deux cas, tout est une question de plumes.
A tous ces futurs écrivains dont la pompe littéraire n’a pas encore été amorcée, je dédie ces quelques titres inventés au hasard des rêveries diurnes et des insomnies nocturnes.
Vrai ou faux, j’ai toujours pensé que Frédéric Dard devait démarrer son tricot policier avec un titre, souvent génial, et le reste suivait.
Je dois l’écriture de ma première chanson au hasard dérisoire d’un jeu de mots et l’hirondelle est arrivée. La pompe était amorcée et les saisons passèrent.
Depuis, j’en suis resté à la chanson, forme d’expression courte qui me convient.
Amis, futurs écrivains, voilà un premier panier de titres. Fouillez et si quelque-chose vous intéresse là-dedans, prenez et buvez-en tous.
Ça pourrait commencer comme ça :

 

« L’homme qui prenait son pied pour un urinoir »

« Une envie de rester en vie »

« Mais que fait la pègre ? »

« Bouvard et Pinochet »

« Les déboires d’un chameau »

« La fille de Christine Angot »

« J’aimais le dimanche »

« Des pâtes à l’agonie »

« Vingt-mille vieux sous la mère »

« Les pâleurs de Sophie »

« Le p’tit rouge et le p’tit noir »

« Le cas Montbert »

« L’odeur d’Amélie Varot »

« Le soulier de lapin » ou « Le boulier de sapin »

« Le vieil homme et sa mère »

« Des sourires et des hommes »

« Les sables de la fontaine »

« A l’est d’Hélène »

« Malices au pays des merveilles »

« Jean qui pète et Jacques-Henri »

« Le dernier souffle d’Adamo Camélias»

« Les pourritures des restes »

« La retraite de Saint Nectaire à la Chartreuse de Parmesan »

« Les liaisons d’anges heureux »

« Les trois moustiquaires »

« Edgar Quinet et la terre qui meurt »

 

A suivre …..

mercredi 6 novembre 2013

 
Une petite nouvelle...
 
Un mort au Pannonica
 
Il est mort un soir à Nantes au Pannonica, au cours de l’entracte, entre un concert d’Eric Satie et une seconde partie qu’il n’aura jamais entendue, consacrée à Kurt Weill.
Mais ceci n’est pas vraiment la partie la plus intéressante de son existence.
Quand il était encore bébé, un soldat allemand le prit dans ses bras, sans doute pour montrer que sous son horrible uniforme vert de gris battait un cœur de père. Si, comme le chante Sting, il faut bien admettre que les Russes aiment aussi leurs enfants, pourquoi n’en serait il pas de même pour des Allemands en guerre ?
Plus tard, un lézard rampa dans ses tendres cheveux blonds, sur son front, sa joue gauche avant de retrouver l’herbe fraîche du jardin.
Il fut très malheureux de constater en lançant des assiettes en l’air que si les soucoupes volantes volaient, les assiettes volantes ne volaient pas.
Il n’aimait pas les soutanes d’enfant de chœur trop courtes qui laissaient voir ses socquettes écossaises trop courtes elles aussi.
Parce qu’il avait les oreilles trop grandes, il n’aimait pas avoir les cheveux trop courts. Il  n’aimait pas non plus la lotion vaporisée par le coiffeur.
Il n’aimait pas l’odeur de la blouse grise de l’instituteur.
La première fille qu’il embrassa était très laide, mais c’était dans le noir. Ce n’est que bien plus tard qu’il embrassa une belle en plein jour.
Plus tard encore, il eut un professeur de philosophie qui s’appelait Lechat et qui lui apprit beaucoup de choses. Il eut aussi un professeur d’Histoire de l’art qui s’appelait Lerat mais qui ne lui apprit rien. Cependant il n’aimait ni les chats ni les rats.
Il a souvent foncé dans le brouillard, mais cela ne lui a laissé aucune trace. Une fois, il a foncé dans un fil de fer barbelé alors qu’il n’y avait pas de brouillard. Il en a gardé une cicatrice sous la lèvre inférieure.
Il avait laissé pousser ses cheveux et ses oreilles paraissaient moins décollées. Il finit par se trouver presque beau.
Il composa des poèmes et joua de l’accordéon à la sortie des églises. C’est là qu’il rencontra un dimanche sa future épouse qui lui sembla encore plus belle que la belle qu’il avait jadis embrassée en plein jour.
Ils se marièrent pour être sûrs qu’il y aurait du monde ce jour-là à leur concert. Le curé fit la quête, ils furent donc payés aux entrées. En ajoutant les cadeaux de mariage ce fut la meilleure affaire d’une vie commune qui venait de commencer.
Ils n’eurent pas beaucoup d’enfants puisqu’ils n’en n’eurent qu’un et ce fut une fille.
Pour les fêtes de fin d’année, ils allaient en Afrique ou en Irlande. Il y avait toujours des crevettes à manger. En Afrique ils se baignaient dans la mer parce qu’il faisait très chaud. En Irlande ils se mouillaient jusqu’aux os parce qu’il pleuvait tout le temps. En Irlande, la bière s’appelle Guinness et fait chanter dans les pubs. En Afrique, elle s’appelle Gazelle et fait courir dans la brousse.
Vers la fin de sa vie, il apprit par hasard qu’il avait du sang noir dans les veines, mais le mélange avait eu lieu il y a très, très longtemps. Ça lui faisait plaisir d’imaginer un de ses aïeux chevauchant une belle esclave, alors que toute son éducation le conduisait pourtant à en avoir honte. Et puis l’idée qu’une jolie petite mulâtresse de Saint Domingue  avait été sa grand-mère lui réjouit les entrailles.
Il n’avait pas l’habitude d’aller écouter du Jazz à Nantes au Pannonica. C’est plutôt les noms d’Eric Satie et Kurt Weill qui l’avaient stimulé. Il était à cent lieues de penser que ce soir-là, entre la première partie consacré à Satie et la seconde consacrée à Weill,  il allait mourir. Il en fut d’ailleurs le premier surpris et regretta beaucoup, par la suite, d’avoir raté la deuxième partie du concert.
                                                                          Jean-François Salmon
 
 

mercredi 16 octobre 2013


RESUME DES EPISODES PRECEDENTS ILLUSTRES DANS LES EDITIONS
DU 20 SEPTEMBRE ET 10 OCTOBRE 

Aujourd’hui, samedi 28 septembre 2013 est un jour important pour nous: Depuis notre première rencontre, Hélène et moi, nous nous sommes juré que notre vie n’aurait qu’un seul but et que toutes ces années vécues ensemble ne cesseraient d’y tendre: Partir tous les deux pour un long périple devant nous mener au village de Kérou à Clohars-Carnoët et découvrir ces fameux garages dont ont parlé les grands voyageurs du monde. Nous n’avons pu éviter d’embarquer le bosco accordéoniste Etienne qui risque de troubler assez rapidement notre précieuse intimité !
Ca y est ! Nous sommes à deux heures du départ. Notre bateau “La Golfe” est chargé, les derniers amis sont venus sur le quai nous saluer. Ce voyage sans escale nous mènera t’il sur une voie de garages?
 
« Les spectateurs déambulaient dans les rues et les allées du village. En suivant les guirlandes lumineuses, le public trouvait un garage investi par les musiciens.
              Les habitants avaient préparé des gâteaux et avaient décoré leur jardin ou leur garage pour accueillir le public et les artistes.
              Enfants comme adultes ont apprécié cette soirée de partage et de découvertes. »(Ouest-France)
 
Bien sympathique soirée où les garages de ce joli village de Kerou avaient des airs de jardinets, grangettes et autres placettes invitant à l’écoute attentive d’ensembles divers et talentueux.
             Nous y apportions une note plus “méridionale” tenants que nous sommes d’une tradition française et ligérienne, mais répondant dignement à l’esprit d’ouverture de la part des organisateurs de cette belle assemblée.
Très vite, la Loire nous aspirait à nouveau pour “Les Rencontres Julien Gracq” à Saint-Florent-le-Vieil d’où nous retiendrons (très subjectivement…) notre beau concert apéritif du dimanche matin ensoleillé, sur la terrasse en bois de l’Hôtel – Restaurant de “La Gabelle” au- dessus de la Loire, pour un public nombreux et de grande qualité.
Combien de concerts comme celui-là aurons-nous la chance de donner dans l’avenir? Le public, le soleil, la Loire, Frédéric Renaudin, notre pianiste, un Steinway en plein air, une sono parfaite, le tout réuni dans le recueillement littéraire de Julien?
Nous dirons que s’il reste unique, il représentera un aboutissement fondateur du projet piano « A Nantes » que nous avons entrepris il y a 2, 3 ans.
“Les Rendez-vous de Lola” ce week-end passé?
Formidable ! Des super concerts, le chapiteau des amis de "La Cour des Miracles", notre Association “Ile de Ville" archi présente, les trajets en bateau Nantes – Le Pellerin – Nantes, dits « Le voyage au Pellerin », et un public aux anges !
             Aux anges... peut-être mais pas assez fourni.
Il nous faudra donc quelques nouveaux Rendez-vous de l’Erdre pour regonfler les moyens de l’Asso!