dimanche 7 décembre 2014

Pourquoi écrire envers et contre tout ?
Il vaut mieux écrire en prose et contre rien
 
 
Photo Emmanuel Bazin
 

vendredi 14 novembre 2014


NOS IVRESSES A L’ENVERS 

Dans nos dérives nantaises, nous avions pris l’habitude de suivre nos pistes à l’envers. Ceci après avoir pris conscience  que les avatars de comblements du fleuve avaient, en quelque sorte, inversé la perception et le fonctionnement naturel de la ville. Ce qui était pour tout le monde une originale fantaisie de joyeux désœuvrés  correspondait pour nous à une véritable démarche militante au service d’une imprégnation patrimoniale de la cité. Faire tout à rebrousse poils ou à rebrousse chemin était devenu une sorte de jeu de provocation des pratiques et des usages communs. Initiés et encouragés par d’éminents écrivains dont le plus emblématique fut Antoine Blondin, nous traînions nos « Humeurs vagabondes » le long des quais qui nous poussaient parfois à jouer les « Singes en hiver » sur les plages désertes et ventées de Pornic. Nous allions en bord de mer en hiver et prenions nos bains de soleil aux terrasses désertes des cafés de la ville en été. Ces jeux de jeunesse qui en soi nous comblaient parfaitement réservèrent très vite quelques aventures inespérées. Peut-être bénis des Saints du paradis surréaliste, que notre démarche attendrissait, nous avons très vite compris que notre culture de la chose à l’envers devenait source d’événements et de rencontres auxquels échappaient ceux qui allaient « dans le bon sens »
André Breton nous avait accordé sa grâce divine,  en nous soufflant cette phrase initiatique et aujourd’hui souvent galvaudée: « Nantes : peut-être avec Paris la seule ville de France où j’ai l’impression que peut m’arriver quelque chose qui en vaut la peine, où certains regards brûlent pour eux-mêmes de trop de feux (je l’ai constaté encore l’année dernière, le temps de traverser Nantes en automobile et de voir cette femme, une ouvrière, je crois, qu’accompagnait un homme, et qui a levé les yeux : j’aurais dû m’arrêter), … »
Qui était cet homme accompagnant l’ouvrière ? Et puis, qui était cette femme du « Musée noir » croisée et suivie par André Pieyre de Mandiargues dans le Passage Pommeraye et dans quelle demeure du quai de la Fosse pénétra-t-il à sa suite ? Qui était le roi Bacco ?  
Nous nous sommes arrêtés souvent devant des portes ouvertes qui allaient fermer ou devant un regard brûlant qui allait s’éteindre. Nous passions des heures inutiles à écouter les mots dérisoires d’une barmaid endormie. C’est en reprenant la piste de ces interrogations que nous avons inauguré, un soir, une dérive « à l’envers » du quai de la Fosse en fixant son point de départ là où jusqu’alors  et quand tout se passait bien, nous l’achevions. Venant de la mer, les navires, les marins, les voyageurs, depuis des siècles découvraient la ville de Nantes en remontant la Loire par l’ouest pour y pénétrer et accoster, le long des quais, au cœur de la cité. Puis, progressivement, tournant le dos à son fleuve, évolution symbolisée par la volte-face de l’emblématique Palais de la Bourse, celle-ci institua progressivement de modernes pratiques urbaines que nos divagations nocturnes s’acharnèrent à mépriser. 

   Il existe quelque-part à Nantes
   Un noir chemin long de dix pas
   Où des humeurs incandescentes
   Roulent des vagues sous mes pas. 

   S’il fut un temps une autre rive
   C’est un endroit fait de jets d’eau
   Où Breton dit que tout arrive
   Et de néons d’Eldorado. 

   Le dérisoire des éphémères
   Traçait ma ville vers le quai
   La Loire m’était une étrangère
   Le vent d’estuaire me manquait 

   Et puis de bordées en largesses
   Au dernier bistrot du matin
   Tout à l’envers de mes ivresses
   Je redessinai mon chemin. 

   A la marée des grands navires
   J’ai fait le voyage à l’endroit
   La belle Hôtesse au nom Elvire
   Servait à boire au même endroit. 

   Que veux-tu, Jean-François de Nantes
   La Loire est là sous les pavés
   Dansent les mâts de la fringante
   Dans le reflet des rues mouillées.
 
 
   Photo: Emmanuel Bazin
 
 

 

jeudi 13 novembre 2014



MAIS QU’EST-CE QUE TU PEUX BIEN FOUTRE ?

16 juin, 1er septembre, 10 septembre, et nous voilà au 13 novembre !

Entre ces dates ? Rien ! Et alors ?
Jardin, pêche à la ligne, bain, vélo, bistrot, dodo, toutes ces choses qui laissent la page blanche quand d’autres en feraient des romans. Une page blanche où se posera peut-être une chansonnette, à son heure et au détour d’un rien. Un blog pour un luxe : Ces larges tranches de rien !
J’ai exercé, jadis, un de ces métiers qui vous obligent à vaincre la page blanche : penser, écrire, dessiner, projeter, créer, quoi ! Et puis, plus tard, insidieusement, s’infiltre en vous les prémices d’une subtile tendresse pour cette page blanche, la séduction de sa virginité et de son silence. On s’éprend des temps inutiles, du danseur immobile, du tableau vide où rien n’est à voir et tout à regarder, du bruit des pas du marcheur muet, du monde invisible des eaux dormantes, de l’absence de l’être aimé. Alors reviennent ces vers:
 

J’aime les mots pour leur silence
Et les sculptures et les peintures
Pour les vides qu’elles procurent
Et la lumière pour son ombre
L’ample clarté d’une nuit sombre
Et la chaleur de tes absences 

J’aime l’éphémère aérien
D’un geste bref, cette seconde,
Juste échappé d’un autre monde
Pour suivre le creux d’une ride
De chaque plein, j’aime les vides
Et les temps morts vécus pour rien 

J’aime la surface de l’eau
Pour ses immenses profondeurs
Et la couleur pour son odeur
J’aime les marges et leur langage
Tout autour des mots d’une page
Et la nuit autour d’un halo 

Oui je t’aime pour tes absences
Qui dans ce vide redessinent
Une aile courbe de doucine
J’aime d’ici tous les ailleurs
L’éclat de pierre du tailleur
J’aime le bruit pour ses silences. 

Et demain, après –demain ? Circulez ! y'a presque rien à voir....
 
 

mercredi 10 septembre 2014

Quelques vers retrouvés ce soir...


 
UN MONDE IMPROBABLE (Jean-François Salmon)
 
On voyait des aveugles en marche vers l’abîme
Prisonniers d’un destin au sort inéluctable
Cherchant à s’échapper des mondes anonymes
Par la fenêtre ouverte sur un monde improbable

Ils s’étaient enivrés jusqu’à la déraison
D’amour désespérant qui ne jamais s’éteint
Avançant sur le fil tendu de l’horizon
D’un pas désordonné de sinistre pantin

La mort leur accordait au bord des précipices
La tendresse des anges et quelques libertés
Pour adoucir le goût de la lie du calice
Et leurs cris déchirants face à l’éternité

lundi 1 septembre 2014

 

Après le long silence de l'été....

Il ne restait d’hier que des braises mouillées
Et le chapeau de paille sur le rebord du banc
Une nappe froissée, quelques fleurs oubliées.
Il pleuvait sur le fleuve la douleur des amants
 
Et puis, nous étions là, comme chaque année pour les "Rendez-vous" avec les amis de l'Association " Ile de Ville", le public joyeux, chaleureux, les amis musiciens, chanteurs, techniciens.
La scène off de notre péniche Lola faisait briller des étoiles dans nos yeux
 

Puis la douceur de septembre qui s'annonce va nous ramener sur les bords de la Loire

lundi 16 juin 2014

L'ETE ARRIVE


Bonjour à ceux qui s’intéressent aux petites nouvelles d’Hélène et Jean-François.
 

Tout d’abord un rappel du prochain concert le mercredi soir 2 juillet au restaurant B2m, rue Fouré à Nantes. Pour en savoir plus, suivez ce lien : 

A part ça, voici un extrait d’un livre que nous vous recommandons s’il n’est pas épuisé. Cet extrait nous replonge dans nos réflexions après 19 années de « Descentes de Loire en Chanson » entre 1992 et 2010.

Parfois et encore aujourd’hui, on nous demande pourquoi nous avons mis un terme à ce beau projet après 19 éditions. Nous répondons toujours qu’il y a des raisons multiples et diverses mais que chacune d’entre elles aurait été suffisante pour nous conduire à cette décision en 2010. Et ce n’est pas sans une douce malice que nous reproduisons ce court passage du livre de Jean Dufour qui a été pendant de nombreuses années l’agent et ami, entre autre, de Félix Leclerc et ce jusqu’au décès de ce dernier le 8 août 1988. 

Extrait de « Félix Leclerc – D’une étoile à l’autre » de Jean Dufour. Christian Pirot éditeur – 1998.

 « …. En préparant l’ultime traversée de la guitare, je constate la transformation qui s’opère dans les métiers du spectacle. Le circuit « parallèle » que nous avons ouvert s’effiloche faute de moyens. La décentralisation donne des pouvoirs inattendus et considérables aux édiles locaux soucieux de promouvoir des opérations de prestige au détriment d’un militantisme qui constituait le tissu le plus tonique de la vie sociale.
Insensiblement, des roitelets prennent conscience de la vitrine que représente la culture et il faut établir de nouveaux contacts avec des adjoints qui remplacent progressivement les directeurs de théâtre et ceux des centres culturels. Le pouvoir grignote ainsi la compétence, mais ce n’est qu’un commencement… » 

Dans cet esprit et le ton du propos, voir les ouvrages suivants de Jacques Bertin :
« Chante toujours, tu m'intéresses » (ou les combines du show-biz) 1981. Editions Le Seuil
(Collection Intervention)
« Reviens, Draïssi ! » Ecrits sur la chanson  2006 Editions Le Condottiere
 
 
 

 
C'était ça les Descentes de Loire en chanson
 

lundi 19 mai 2014


A PROPOS, OU PEUT-ON VOUS ECOUTER, HELENE ET JEAN-FRANÇOIS ?
 
 
ILE D’HOUAT
Ceux qui n’étaient pas sur l’île d’Houat entre les 14 et 18 mai ont raté de magnifiques journées de soleil et des concerts improvisés au gré des humeurs printanières. Un salut chaleureux à ceux qui étaient rassemblés samedi soir au Fort dans une belle ambiance familiale et pour qui nous avons eu le plaisir de chanter.
 
 
31 MAI - LE CABANIER
Ceux qui comptent rester sur le continent encore quelques semaines avant les ruées de l’été pourront nous retrouver avec nos chansons et notre accordéoniste préféré : Etienne Boisdron pour une grande, belle et dernière soirée au Cabaret – Théâtre « Le Cabanier » à Nantes le 31 mai.
En effet, Daphné et Anthony ont décidé de fermer définitivement ce petit paradis pour voguer vers d’autres cieux. Rien de triste dans tout ça mais la perspective d’une tendre soirée en chanson et musique. Le programme est annoncé comme suit :
Concert : 18 h
Repas
Bal
Tarif : gratuit
Pour plus de renseignements : lecabanier.free.fr
 
 
2 JUILLET – RESTAURANT LE BE2M
Ceux qui souhaitent entendre les chansons de notre dernier cd : « A Nantes » accompagnées par Frédérique Renaudin au piano peuvent réserver dans ce joli restaurant de la rue Fouré pour un repas concert.
Tel : 09 80 77 61 72
 
29 – 30 – 31 AOUT A NANTES : LES RENDEZ-VOUS DE L’ERDRE 
Toujours fidèles à la scène off de leur péniche « Lola » Hélène et Jean-François donneront 2 concerts  au cours de ces 3 jours de festival
 

A bientôt