vendredi 11 mars 2016

 


Sérigraphie réalisée en 1991 par Jean-Luc Pellerin
 
NOTRE HISTOIRE D’AMOUR AVEC LE POETE TRISTAN CORBIERE 

C’était le vendredi 20 octobre 1967 à Nantes. Monique Morelli chante ce soir-là au café de l’Europe, place du Commerce, accompagnée par son fidèle accordéoniste et mari, Lino Léonardi. Le visage blanc et la voix cernés d’une chevelure noire à frange, le corps enveloppé d’un grand drap rouge de tragédienne, la chanteuse nous fait la totale : Pierre de Ronsard, François Villon, Aristide Bruant, Jacques Prévert, Pierre Mac Orlan, Louis Aragon, Francis Carco, Tristan Corbière. Pendant deux heures, Hélène a les yeux en larmes, se dit et me dit en sortant : « Voilà exactement ce que je veux faire »
C’est ainsi qu’eut lieu le grand choc qui venait confirmer que les grands poètes pouvaient devenir des auteurs magnifiques de chansons sous les notes de musiciens inspirés tels que Lino Léonardi.
Faute de mieux, je vais me mettre à balbutier quelques accords d’accordéon pour accompagner Hélène qui commence à s’imposer avec son immense talent et notre vie navigue entre tous ces grands poètes et leurs interprètes prestigieux tels que Léo Ferré, Catherine Sauvage, Yves Montand, Jacques Douai, et tant d’autres.
Sur notre étagère à vinyles, les 33 t de Monique Morelli s’entassent alphabétiquement entre ceux de Montand et ceux de Mouloudji.
Quelques années plus tard nous retrouvons Monique et Lino dans le cabaret de Charlotte et Lucien Gourong à Merlevenez où, nous-mêmes, sommes régulièrement programmés.
Plus tard encore, nous nous retrouvons sur la scène du Festival « Les Océanes » à Lorient où Lucien, grand maître des cérémonies, a imaginé de mettre sur scène sous le titre de « Voix de femmes » les trois chanteuses : Monique Morelli, Paule Chamard et Hélène.
A cette occasion nous nous rapprochons, sur scène bien sûr et au cours de ces moments si chaleureux des avants et après spectacles.
Une ombre continue à nous frôler et nous accompagner, celle de Tristan Corbière. Monique nous dévoile par sa voix et son interprétation cette suffocante poésie et Lino nous montre comment écrire de la musique sur ces mots-là.
Les années passent.
En 1991 nous créons notre Association «Ile de Ville » qui va se mobiliser pour nous aider à monter nos premiers projets. « A la pointe de l’île » dans le quartier du port de Nantes, nous décidons de  monter un petit chapiteau de cirque où, pendant une semaine, nous donnerons chaque soir, Hélène, moi et nos musiciens un spectacle dont la 1ère partie est consacrée aux « Amours Jaunes » de Tristan Corbière. Aurèle est déjà là et rencontre ses premières émotions de scène. A cette occasion un cd live « Ile de Ville » est enregistré. Ainsi va s’imprimer notre premier témoignage de cette relation que nous avons entamée depuis quelques années avec le poète de Roscoff.
De plus notre ami Jean-Luc Pellerin, architecte et peintre de très grand talent va réaliser à l’occasion de cet évènement, pour l’Association « Ile de Ville », un « portrait chinois » de Tristan Corbière.
 
Qu’est-ce qu’un “portrait chinois” ?
Un portrait chinois, c’est faire le tour d’une personne ou d’un couple, à partir de tableaux ou d’une œuvre complète d’un peintre, connus ou peu connus; comme le jeu: si c’était Picasso, Léger, Ingre, etc....?
C’est ainsi que Jean-Luc Pellerin s’est offert le plaisir d’interpréter  certains de ses amis ou couples d’amis célébrant ainsi l’affection qu’il leur portait.
A une exception près, cependant:
C’est dans le cadre des projets de l’Association “Ile de Ville” et à l’occasion du spectacle: “A la mémoire de Zulma” présenté en 1991 par le groupe d’Hélène et Jean-François, que Jean-Luc Pellerin a réalisé en sérigraphie un portrait chinois consacré à Tristan Corbière en choisissant certaines œuvres de peintres contemporains célèbres.
Au-delà de sa très grande admiration pour ce “poète maudit”, il est possible de jeter un autre regard sur cette œuvre particulière: L’interprétation de Tristan Corbière par Jean-Luc Pellerin n’est-elle pas tout simplement son propre autoportrait chinois?

Puis c’est en 1992 que nous entreprenons l’aventure de notre première « Descente de Loire en chanson » Nous ne savions pas alors que celle-ci durerait presque vingt ans. Chaque année, nous inventions des créations nouvelles et différentes plongées dans la poésie, la musique et les chansons.
C’est ainsi qu’en 2006 un « retour » à nos « amours jaunes » fut programmé. Aurèle avait grandi depuis le petit chapiteau du port et son talent avait suivi. Nous avons invité Etienne Boisdron, notre accordéoniste et Christophe Piot, batteur percussionniste à se joindre à nous. Pour que l’aventure soit totale nous avons convoqué le plus beau complice qu’il nous était possible d’accueillir : Bernard Meulien qui, en tant que comédien, portait haut et beau le personnage et la poésie de Tristan Corbière depuis de nombreuse années.
Profitant d’une riche et belle documentation concernant la vie et l’œuvre, courtes toutes les deux, de Corbière, nous avons proposé à chaque Commune d’accueil de disposer d’une exposition, devinant combien ce grand poète Breton pouvait être ignoré par les populations riveraines de notre circuit ligérien.
A cette occasion, Hélène, Jean-François, Aurèle, Etienne et Christophe ont réussi à enregistrer un cd des poèmes du spectacle mis en musique pour le proposer au public au cours de l’aventure.
C’est de ce cd qu’est extrait le poème « Epitaphe » mis en musique par Lino Léonardi, chanté par Aurèle et accompagné ici par l’unique crissement métallique de Christophe Piot.
 
Enregistrement live réalisé en 1992
 
Enregistrement studio réalisé en 2006
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lien You Tube vers "Epitaphe"

 

 

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