vendredi 12 février 2016


IL EST GRAND TEMPS

Je vous disais donc le 28 janvier dernier qu’un automne très estival s’était prolongé jusqu’à bien tard dans l’année reculant inexorablement la reprise des travaux citadins d’hiver. Il était donc grand temps en ce début 2016 de secouer la bête pour renouer avec des activités de blogueur, youtubeur, et autre chansonneur patenté.
Profitant du bon état d’esprit entretenu par un  reste de hâle estival il fallut tout d’abord faire à la fois un état des lieux et des âmes ; puis, par ces temps maussades, se sermonner pour ne pas donner dans le genre citoyen boudeur sachant que notre âge plus que respectable est forcément considéré comme seul et unique responsable de nos manifestations de mauvaise humeur.
Comme il me vint à le rappeler dans le précédent billet, on apprend à nager en hiver…(et donc à patiner en été) Aussi, inspiré par ce trait de sagesse, je me suis imprudemment jeté à l’eau sans bouée ni gilet de sauvetage pour me noyer dans une mer totalement inconnue que les initiés appellent « You Tube »
Après avoir coulé, touché le fond, remonté plusieurs fois à la surface, ingurgité et régurgité des clics et des clacs à chaque aller-retour, battant l’eau et l’air en éructant mille e-jurons, j’ai senti soudain que mes ailes fragiles commençaient à me porter.
Aujourd’hui, quelques premiers morceaux choisis parmi notre long répertoire de chansons barbotent quelque-part dans l’infini des galaxies, perdus au milieu des mille et mille milliards d’étoiles, de planètes, de comètes et autres petites perles, larmes et cailloux jetés sur le chemin.
Donc, comme un grand, j’ai depuis quelques jours lancé dans l’univers des nouveaux missiles et, comme on disait aux grands « admiratifs » de nos pâtés de sable sur la plage : « C’ui-là, c’est moi qui l’a fait ! »
 
Ombre et silence

Cette chanson est tirée de notre album « Je t’écris, écoute… » sorti en 2005.
Au début de mes études d’Architecture un professeur remarquable nous apprenait à voir les statues et les objets en apprenant à voir et à dessiner les vides autour de ceux-ci.
Influencé par cet enseignement, je me suis souvent efforcé de regarder les vides autour des êtres et des choses et d’apprendre ainsi à mieux les voir et les comprendre.
Plus tard, en 1979, Serge Crampon, artiste plasticien, m’a demandé d’écrire quelques lignes consacrées à l’une de ses expositions : 

« J’ai appris sur un tombeau de la cathédrale de Nantes le secret de Michel Colombe, l’alchimiste-sculpteur. L’épée de « La Justice » m’a transmis un code, celui de son message, celui de ton message : « L’œuvre est un silence, son vide est un cri »
Silence, couleur, trait, silence, ombre, geste, pas, courbes, bris, silence. « L’œuvre est un silence, son vide est un cri »
La femme qui te regarde tourne ses yeux vers ailleurs, comme ses yeux dans la nuit pour y lire l’étoile oblique.
Tout est en deçà. Tout est au-delà »
Puis vint un jour : « Ombre et silence »

Cette tendresse pour « l’absence » de l’autre se retrouve aussi dans la chanson : 

Un homme écrit pour moi

Une infinie distance entre deux êtres qui s’aiment peut engendrer la plus émouvante étreinte. De ce lointain qui nous sépare s’épanouissent nos plus beaux instants d’amour.
Dans une chanson écrite en 1976 et consacrée aux « gens » de l’île de Groix », il y avait ces quatre vers :

De nos exils, de nos maisons
Des mots rediront l’eau et l’algue
Et d’autres mots montent des vagues
L’amour s’écrit à l’horizon. 

Et puis une petite dernière pour notre bout de chemin ensemble avant de se quitter et se retrouver très prochainement. 

Quai des fantômes

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